Contact
Menu
Gwendoline Grollemund  • 
25 mai 2026

Essentiels de l’écriture inclusive : exemples pour l’adopter (et la dompter)

Il semblerait que vous avez atterri au Wokistan. Si ce mot ne vous fait pas peur et que l’ajout de l’adjectif « inclusive » après « écriture » ne vous donne pas des boutons, mais au contraire l’envie d’en comprendre le pourquoi du comment, mais surtout le comment, alors vous êtes bien au bon endroit !

C’est parti pour un petit tour au Wokistan inclusif, option grand·e débutant·e dans le monde de l’écriture inclusive : exemples pour l’ado(m)pter.

1. Le point médian (celui qui fait peur)

On commence avec le plus décrié de tous : le point médian. Celui qui fait couler beaucoup d’encre, celui qui donne des frissons aux « puristes » et, allez j’ose, celui qui empêche les associations de recevoir des subventions. Qui l’eût cru qu’un si petit signe pourrait autant déchaîner les passions ?

Il est pourtant si simple d’utilisation. Et si vous avez l’œil, vous avez sûrement vu que je l’ai même utilisé dans l’introduction de cet (humble) article — honte à moi ? Pas du tout ! Cette petite merveille de typographie permet de contracter le masculin et le féminin, afin d’éviter de ne mentionner que le masculin générique (cette vaste mascarade) tout en évitant d’écrire en entier les deux formes.

Par exemple :

  • « En tant qu’auteur·rice débutant·e, ce n’est pas toujours facile de se dépatouiller avec les règles de la langue française. »
    Racine du mot + suffixe masculin + point médian + suffixe féminin
  • « Les détracteur·rices de l’écriture inclusive manquent un peu de discernement. »
    Racine du mot + suffixe masculin singulier + point médian + suffixe féminin et pluriel

Remarque :

  • Certaines personnes emploient un double point médian, pour séparer aussi la marque du pluriel, comme ceci : les détracteur·rice·s. Personnellement, et je suis les recommandations de l’ouvrage L’écriture inclusive, et si on s’y mettait ? sur ce point, je préfère l’utilisation d’un unique point médian dans un même mot.

La question qui peut ensuite se poser, c’est « Mais bon sang de bonsoir, comment est-ce que je lis ça, moi ? »

Rien de plus simple, il suffit de lire les deux formes en entier, un peu comme si on dépliait l’accordéon :

Je vois les écrivain·es, je lis les écrivaines et les écrivains.

Tadam ! C’est à peu près tout pour comprendre la base du point médian. Pas si effrayant, hein ? Nous voilà prêt·es pour la deuxième option inclusive et, vous verrez, celle-ci est bien moins décriée.

2. Les doublets (finies les sueurs froides)

Place à une option tout aussi inclusive, mais bien moins… décriée. Impossible ? Point du tout ! Si je vous dis qu’elle est utilisée depuis quelques décennies, me croirez-vous ? Et ce, même par des figures présidentielles ! OUI, OUI !

J’ai nommé (bon, c’est dans le sous-titre, CERTES) : les doublets !

« Françaises, Français, si je m’adresse à vous, c’est pour vous annoncer que les poules ont enfin des dents. ENFIN ! »

Le voilà notre doublet : on indique à la suite un terme, puis l’autre. Facile, non ?

Et si jamais vous ne savez pas si vous devez employer d’abord le féminin, puis le masculin, ou l’inverse, laissez faire le hasard. Ou plutôt, laissez faire l’ordre alphabétique ! Toujours selon les recommandations de l’ouvrage L’écriture inclusive, et si on s’y mettait ? sur ce point, il paraît que ce dernier fait bien les choses et que l’alternance féminin-masculin/masculin-féminin se fait bien (et avoisine les 50/50) si on suit l’ordre alphabétique. Il vous faudra juste vous habituer à parler de « l’égalité femmes-hommes » désormais… Mais vous verrez, concitoyennes et concitoyens, ça se fait si facilement qu’on finit par oublier d’y penser !

3. Les termes épicènes et englobants

Le meilleur pour la fin : les termes épicènes et englobants, et je peux vous garantir à presque 99 % que vous en utilisez déjà ! Tout le monde en utilise : vous, moi, la (feu) reine d’Angleterre ! (Bon, en anglais, ça compte pas.)

On parie ? Quand vous arrivez quelque part et que vous dites « BONJOUR PUBLIC », c’est un terme inclusif. Quand vous parlez des ministres (bon sang, mais qu’est-ce que j’ai avec le vocabulaire politique aujourd’hui ?), quand vous parlez du corps enseignant (au lieu des enseignantes et/ou enseignants), quand vous parlez des responsables ?

Les termes épicènes, ce sont ces mots qui ne varient pas selon le genre et qui, employés au pluriel, ne désignent ni un genre ni l’autre. N’est-ce pas merveilleux ? Un·e min…, un·e ÉLÈVE, un·e scientifique, un·e responsable, etc. On les adore, on les adopte !

Les termes englobants, ce sont des mots qui peuvent être utilisés pour désigner un groupe ou non : le corps étudiant (au lieu des étudiantes et étudiantes), la présidence d’une association (au lieu de la présidente de l’association), « bonjour à tout le monde » (au lieu de « bonjour à tous et à toutes »).

Écriture inclusive : exemples pour l’adopter (et l’adorer)

Il existe moult manières de rendre vos écrits, vos communications, même vos romans inclusifs (jetez un œil du côté de Histoires de moine et de robot, la traduction française par Marie Surgers du roman de Becky Chambers). Et le mieux dans tout ça, c’est que vous pouvez même mixer, varier, mélanger les techniques dans un même texte (cette fois, jetez un œil aux choix inclusifs dans La Saignée, la traduction française par Catherine Ego de l’essai de Tracey Lindeman).

N’hésitez pas à vous documenter, à lire des écrits inclusifs et des écrits sur l’inclusif. C’est chouette, ça ouvre l’esprit et ça montre qu’une langue est vivante et qu’elle évolue.

Je n’ai pas du tout abordé l’aspect historique ici, mais il y a énormément de choses à dire sur l’effacement du féminin en français et ce pseudo-masculin générique sacralisé. Lancez-vous et entraînez-vous !

Vous voulez rendre votre texte plus inclusif ?
Vous avez besoin d’un œil extérieur pour vérifier la lisibilité de votre contenu inclusif ?

Inclusivement vôtre 🙂‍↔️

Lire plus d’articles

3 minutes de lecture

Faire corriger son roman : 3 bonnes raisons

La correction d’un manuscrit n’est pas une étape à prendre à la légère et à laisser à son fidèle correcteur automatique. Bien au contraire ! Faire [...]
Lire l'article
Création du site : Studio Carmine
linkedin facebook pinterest youtube rss twitter instagram facebook-blank rss-blank linkedin-blank pinterest youtube twitter instagram